Alors que les constructeurs automobiles chinois sont confrontés à des barrières commerciales croissantes sur les marchés internationaux – allant de droits d’importation élevés à des exigences strictes en matière de contenu local – l’industrie s’éloigne du modèle traditionnel de « vente unique ». Une nouvelle stratégie, la location transfrontalière, gagne du terrain en tant que voie pragmatique et durable pour l’expansion mondiale, comme le rapporte le National Business Daily.
Un changement de logique d’exportation
Selon les dernières données de l’Association chinoise des voitures de tourisme (CPCA), la Chine a exporté 769 000 véhicules en avril, soit une augmentation de 80,7 % sur un an. Pour les quatre premiers mois de 2026, les exportations cumulées ont atteint 3,127 millions d’unités, dont près de la moitié des véhicules à énergie nouvelle (NEV).
Cependant, le modèle commercial traditionnel du « paiement à la livraison » devient de moins en moins efficace. La location transfrontalière change cette situation en conservant la propriété du véhicule en Chine tout en permettant aux utilisateurs étrangers de payer par versements. Cela transforme l’orientation de l’exportation d’une vente ponctuelle de produits vers un commerce de services à long terme.
« Actif léger, opération lourde »
Contrairement aux exportations traditionnelles, qui impliquent un transfert immédiat de propriété, le crédit-bail transfrontalier – souvent structuré comme un crédit-bail – permet aux entreprises de conserver le contrôle de l’actif.
- Avantages financiers : Les exportateurs peuvent bénéficier de réductions de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) nationale, améliorant ainsi leur trésorerie.
- Pénétration du marché : En convertissant des coûts initiaux élevés en paiements périodiques gérables, les constructeurs automobiles peuvent libérer la demande sur les marchés où le financement automobile est sous-développé.
- Revenus à long terme : Les entreprises peuvent lier leurs clients à des contrats de service à long terme, comprenant la maintenance et l’assurance, créant ainsi un flux de revenus continu plutôt qu’une seule transaction.
Le modèle est décrit comme « un actif léger, une opération lourde ». C’est « léger » car les entreprises n’ont pas besoin d’investir massivement dans des usines ou des terrains à l’étranger. Elle est « lourde » car elle nécessite de solides capacités opérationnelles locales, telles que la gestion des actifs, l’évaluation des risques de crédit et la récupération des véhicules.
Adoption par l’industrie
Pour atténuer les risques, la plupart des entreprises se concentrent actuellement sur les clients B2B – tels que les opérateurs de flottes de covoiturage – dont les profils de crédit sont plus transparents et gérables que ceux des consommateurs individuels.
Huasheng, une société de crédit-bail, a lancé ses opérations en Ouzbékistan et en Afrique du Sud et a récemment annoncé que le Pakistan serait sa prochaine plateforme majeure. La société collabore avec diverses institutions de crédit-bail et partenaires de l’écosystème pour assurer une gestion complète des actifs. Une source interne a révélé à NBD que plus de 30 constructeurs et marques automobiles chinois, dont Dongfeng, Chéry, GACet BAICont exprimé leur intérêt pour ce modèle collaboratif.